The Lady












Date de sortie : 30 novembre 2011
Durée : 2h07 min
Réalisé par : Luc Besson
Genre : biopic, drame










Synopsis :
"The Lady" est une histoire d’amour hors du commun, celle d’un homme, Michael Aris, et surtout d’une femme d’exception, Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie. "The Lady" est aussi l’histoire d’une femme devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie.







Trame :
L’orchidée de fer
Le film début en 1947 à Rangoun, en Birmanie. Un père raconte une histoire à sa fille dans le jardin de leur maison. On comprend alors que la petite fille n’est autre que Aung San Suu Kyi.
Son père, Aung San, est un militaire qui se bat pour imposer la démocratie et l’indépendance de la Birmanie. Il a réussi à négocier l’indépendance du pays avec les Britanniques.
Il part alors rejoindre ses ministres. Mais il se fait tuer par des révolutionnaires. La junte militaire fomente un coup d’état en 1962 pour conquérir le pouvoir.

Ensuite, le réalisateur choisit de faire un flash forward des années plus tard. Le mari de Aung San Suu Kyi, le professeur Harris, est très malade. Il est atteint d’un cancer de la prostate. Il vit à Londres avec leurs deux fils, Kim et Alex. Aung San Suu Kyi, elle, vit en Birmanie depuis trois ans. Elle lui manque terriblement au point qu’il se l’imagine dans la cuisine en train d’écrire. Le moment est chargé d’émotions, accompagné d’une musique douce qui accompagnera l’histoire tout au long du film.

L’imaginaire du mari, Michael, nous renvoie en 1988 alors que Aung San Suu Kyi vivait encore à Londres. A l’époque, elle écrit un livre biographique sur son père.
Au même moment, en Birmanie, alors que les étudiants protestent pacifiquement, la junte militaire qui est au pouvoir riposte et leur tire dessus. Ce massacre fait de nombreux blessés et plusieurs centaines de personnes meurent. Ces scènes de violences son communes en Birmanie.

La mère de Suu qui habite en Birmanie a une attaque. Aung San Suu Kyi décide donc de partir la rejoindre.
Pendant son séjour, la junte l’observe et la surveille. Le gouvernement veut savoir pourquoi elle est revenue et s’inquiète que se soit pour terminer la tâche commencée par son père, c’est-à-dire  rendre à la Birmanie sa liberté.
Alors même que Aung San Suu Kyi est dans l’hôpital, une répression éclate juste devant contre des étudiants qui manifestent en brandissant le portrait de Aung San. Cette scène est terrible puisqu’on voit devant nos yeux des étudiants tués par des militaires sans aucun scrupule. Le visage de Aung San Suu Kyi se décompose. Cette scène est véritablement un tournant dans le film puisque c’est à ce moment-là que Suu se rend compte de la violence qui sévit en Birmanie et du désespoir de la population.
En arrivant à Rangoun, Aung San Suu Kyi s’aperçoit aussi de la popularité de son père. De nombreux intellectuels se déplacent pour la rencontrer et lui montrer tout leur soutien. Selon eux, elle représente la meilleure personne pour faire de la Birmanie un pays démocratique. Le fait d’être la fille de Aung San lui donne une légitimité et lui confère la confiance de la population birmane. Aung San Suu Kyi est au départ réservée et ne semble pas vouloir s’engager dans ce long combat. Elle pense notamment à sa famille qu’elle verrait peu si elle restait en Birmanie. Malgré cela, elle rejoint l’idée des intellectuels et souhaite s’engager en politique.
Un discours est donc organisé. Aung San Suu Kyi est acclamée par la population sous des centaines de drapeau du parti Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Dans ce discours, elle fait beaucoup de références à son père. Elle souhaite finir le travail de démocratisation qu’il a entrepris en Birmanie. Elle demande, au nom de la LND, des élections libres et transparentes.

Saw Maung, chef de l’Etat, apparaît très inquiet du retour au pays de l’enfant prodige, Aung San Suu Kyi. On voit alors qu’il est très superstitieux. Il rend visite à une voyante pour avoir ses conseils sur ce qu’il doit faire. Cette dernière lui dit de ne pas éliminer Suu parce qu’elle serait encore plus dangereuse. La meilleure solution est de simuler un retour à la démocratie pour qu’elle reparte en Angleterre.
Le chef de l’Etat fait donc immédiatement un discours télévisé dans lequel il dit que l’impopularité de la politique gouvernementale sera prise en compte. Il va ainsi proposer sa démission par référendum.
Lorsqu’il visionne le discours de Aung San Suu Kyi, il change de stratégie. Désormais, les membres du parti LND ainsi que Aung San Kyi seront gardés sous haute surveillance.

Aung San Suu Kyi est aussi très soutenue par sa famille dans son combat pour la liberté de la Birmanie. Régulièrement, son mari et ses deux fils la rejoignent en Birmanie. Son mari participe même à l’action politique de sa femme. Il va notamment imprimer des tracts illégalement à l’ambassade anglaise. Ces tracts sont indispensables pour faire parler du LND et pour propager l’idée de démocratisation dans les consciences.
Lorsque la junte apprend l’existence des ces tracts, elle annule le visa de son mari qui est donc obligé de quitter la Birmanie. A partir de là, il sera très difficile pour lui est ses fils de se procurer un visa.

Aung San Suu Kyi décide de faire le tour du pays pour rencontrer les différentes populations birmanes. On voit beaucoup de plans de très beaux  paysages. Cela contraste avec le quotidien de son mari à Londres qui essaie vainement de repasser et de cuisiner correctement.

La tournée de Aung San Suu Kyi dans le pays rencontre beaucoup de succès et lui permet de s’assurer le soutien de la majorité de la population birmane.
Malheureusement, à son retour, sa mère est décédée.
On voit ici déjà se dessiner le dilemme qui sera le sien. Choisir entre sa patrie et sa famille. La junte militaire fait tout pour l‘isoler afin qu’elle décide de rentrer en Grande-Bretagne.
Mais elle résiste. Elle partira lorsque des élections auront été organisées.

La pression est donc renforcée sur elle.
Ce film dresse un portrait très positif de Aung San Suu Kyi. Elle apparaît comme quelqu’un de courageuse. Comme le montre l’une des scènes les plus touchantes du film, lorsque la junte militaire menace de la tuer. Faisant fi des armes pointées sur elle, Aung San Suu Kyi s’approche des militaires.
Cet épisode est ensuite raconté dans tout le pays et est vécu comme une humiliation pour le régime.
En Angleterre, son mari se bat pour sa femme. Il veut soumettre son nom au Comité du Prix Nobel de la paix. Cette couverture médiatique permettrait dans le même temps de mettre en lumière les évènements qui se déroulent en Birmanie et favoriserait une réaction internationale. Il va donc étudier les écrits de Suu avec un étudiant pour constituer un dossier. Elle recevra ainsi le Prix Nobel de la Paix en 1991 alors même qu’elle est encore détenue par la junte birmane.

Au fur et à mesure du film, la répression se fait de plus en plus dure envers les membres du parti mais aussi envers Aung San Suu Kyi. Pendant ces discours, la junte militaire arrête des gens soit pour les exécutés soit pour des travaux forcés.
Dans le but de l’isoler complètement, la maison d’Aung San Suu Kyi est entourée par des militaires. Toute connexion avec l’étranger est coupée. Suu et ses enfants sont assignés à résidence. Toutes les autres personnes sont arrêtées et envoyées à Insein, la plus grande prison birmane.

Aung San Suu Kyi fait donc une grève de la faim car elle réclame le même sort que ces collaborateurs. Michael demande alors à rencontrer les dirigeants pour s’entretenir avec eux et trouver un compromis. Ces derniers promettent un bon traitement pour les membres du parti.
Mais la junte ne respecte pas vraiment ses obligations.

Les élections de 1990 montrent une très large victoire de Aung San Suu Kyi. Malgré cela, la junte ne veut pas la libérer pour qu’elle exerce son rôle de premier ministre.
Suite à une demande de la Chine qui pose cette condition pour la signature d’un accord commercial, la Birmanie accepte de libérer Aung San Suu Kyi. Cependant, même si elle est libérée, il est évident que si elle décidait de rentrer en Grande-Bretagne, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie.

L’histoire fait alors un bond en avant, en novembre 1998. Son mari ne l’a pas vu depuis près de trois ans. Son état de santé se détériore très vite. Il devient alors indispensable de rejoindre sa femme en Birmanie pour lui faire ses adieux. Mais il n’arrive pas à obtenir de visa. Il meurt en mars 1999 sans avoir pu voir sa femme depuis quatre ans.

The Lady est véritablement l’histoire d’une famille déchirée qui se perd et se retrouve. Toute sa vie, Aung San Suu Kyi a été tiraillée entre l’amour pour sa patrie et l’amour pour sa famille. Elle a choisit l’engagement politique. Ce film, en insistant sur sa vie privée, relate aussi beaucoup son histoire d’amour avec « Mikey ».

Critique :

The Lady est un film fort émotionnellement qui captive ses spectateurs. Luc Besson choisit d’insister sur la vie privée d’Aung San Suu Kyi quitte à simplifier les faits historiques. Car la situation politique de la Birmanie à l’époque est beaucoup plus complexe. Il ne s’agit pas de présenter les méchants et les gentils. Or le réalisateur choisit de donner un simple aperçu de l’histoire birmane qui peut paraître réducteur. Au final, ce film s’adresse au grand public et donc mise tout sur l’émotionnel. Le combat politique de Aung San Suu Kyi apparaît comme une simple toile de fond car c’est le nœud familial qui intéresse ici Luc Besson. Il faut néanmoins noter que Luc Besson a eu le mérite de soulever un sujet qui avait pratiquement disparu dans la  conscience des gens pour le remettre sur le devant de la scène. Le film soulève donc des débats autour du respect des Droits de l’Homme dans ce pays, et rend hommage à cette femme, Prix Nobel de la Paix en 1991.